vendredi 1 février 2013

Le Dernier Rempart



Que ça plaise ou non, voici un des évènements du début d’année ciné 2013 : le retour de Schwarzy sur grand écran. Certes le « governator » avait déjà eu l’occasion de dire « I’m back » dans le second Expendables, mais voici avec Le Dernier Rempart un film à sa gloire, un film où il tient le rôle principal dumoins. Pas un blockbuster, dans le sens où Le Dernier Rempart est un film plus proche de la Série B, avec aux manettes le coréen Kim Jee-Woon notamment auteur de I Saw The Devil qui aura plu aux trves cinéphiles (je n’en fait pas partie, donc je ne l’ai jamais vu). Au programme donc, un « néo-western » d’action moderne, avec des shérifs et du gros calibre. Mais aussi du FBI à costard et des grosses cylindrées. Alors que penser de cette formule ? Va-t-on avoir le droit à un Fast & Furious meets l’Effaceur, à un Go Fast meets Terminator ? Sans aller jusque là, Le Dernier Rempart va nous offrir un film à la croisée des chemins pour un divertissement plutôt réussi, mais au bout du compte seulement.

A priori, ça devrait donc tartiner du poney. Le pitch est simple, son développement aussi, ce qui nous place bien au-dessus d’un film lambda d’EuropaCorp avec sa violence mêlée à un scénario indigent. Un gros bonnet du cartel de la drogue (le bien nommé Cortez) doit être sorti de taule pour être emmené à l’exécution par le FBI et le SWAT surarmé. Manque de pot, notre dealer a des amis et trouve le moyen de s’évader rapidos mais pas discrétos, au nez et à la barbe de l’agent Bannister (Forest Whitaker). Il va donc au volant d’une Corvette « gonflée » s’enfuir vers la frontière mexicaine où il trouvera le salut, dévastant tous les barrages sur son passage, toujours grâce à son comité d’accompagnement et ses talents cachés de pilote. Comité dont une partie prépare discrètement l’extradition de leur protégé dans une petite bourgade juste à la frontière mexicaine. Bourgade dont Schwarzy alias Ray est le shérif, qui ne se doute de rien au départ, passant son week-end tranquillou. Mais lui est sa bande de bras cassés (un bleu, une fliquette stressée mais motivée, un chicanos trapu, un petit délinquant en voie de repentance et un excité de la gâchette) vont découvrir ce qui se trame et être prévenus par le FBI de la fiesta qui se prépare dans leur trou perdu, et vont devoir faire office de Dernier Rempart pour empêcher Cortez de fuir. A partir de là, il n’y a aucune raison que ce film de ne finisse pas dans un déluge de coups de feu.

« Arnold, on a un problème. »

Néanmoins, le film prend ses aises et se révèle dès le départ, assez lent. Certes, il y a la phase de découverte des personnages, surtout le Shérif Schwarzy et sa bande. Durant la grosse première heure du film nous suivons donc en parallèle les pérégrinations de la bande de flics campagnards, puis la fuite de Cortez et le duo infernal SWAT/FBI qui se casse les dents dessus. Le tout finit par se rejoindre progressivement, avec la découverte par la bande de Schwarzy du plan des sbires de Cortez suite au meurtre d’un fermier, puis la mise en place de leur barrage de fortune. L’histoire suit donc son cours et il ne se passe pas grand-chose d’intéressant, hormis quelques scènes en bagnole qui envoient un peu (notamment le défonçage spectaculaire d’un barrage policier) et une première fusillade où Schwarzy pourra jouer du fusil à pompe. C’est classique dans la forme, finalement peu audacieux, et on s’ennuie un peu. Mais dès l’arrivée de la bande à Cortez dans la Schwarzy Town, le film va prendre une toute autre ampleur. Vous voyez Hot Fuzz, avec son histoire tordue parfois un peu poussive avant son final en fusillades qui arrachent ? Eh bien Le Dernier Rempart va jouer dans la même cour. Le fond est d’ailleurs finalement le même : une bourgade tranquille qui va se faire secouer les puces sans avertissement. La dernière partie du film va donc jouer la carte des fusillades à gogo, avec en plus une réalisation qui nous offre des effusions de sang à t’en remplir une citerne. Ça mitraille à donf dans les épaules et dans les torses, ça snipe depuis les toits, ça te balance des headshots à bout portant et ça t’en fait même exploser à te répartir les 4 fers façon puzzle. Du pur Beat’em’all jouissif à souhait pendant 20 minutes, le film se réveille et il fait mal ! On sautille sur le fauteuil noir comme un gosse, avant de s’enquiller une poursuite finale avec en point d’orgue un affrontement sur le pont. Il aura fallu attendre, mais finalement Le Dernier Rempart parvient à envoyer la sauce comme prévu !

Alors bon au milieu de tout ça, le retour de Schwarzy a finalement peu d’importance. Schwarzy est vieux et c’est lui-même qui le dit (parce que moi, je n’oserai pas). Il fait donc du Schwarzy light, avec quelques répliques cinglantes, de la fusillade, des interventions héroïques et un peu de castagne (mais pas beaucoup). Botoxé et un peu rouillé, Schwarzy ne fera probablement pas des films musclés Ad Vitam. Finalement son rôle de Shérif retiré des affaires violentes lui va comme un gant, et il ne faudra (hélas) pas s’attendre à un retour en fanfare de l’autrichien musclé avec Le Dernier Rempart, même s’il sait encore dégommer un minimum. Dans Expendables 2 il était limite plus en vue (ah le fameux coup de la Smart « qui fait la taille de ma chaussure »…) ! Du coup, les autres acteurs parviennent à tirer leur épingle du jeu. Eduardo Noriega, en Cortez jusqu’au-boutiste, est convaincant même s’il aurait pu avoir un rôle plus charismatique. Forest Whitaker en agent du FBI, ça sent le déjà-vu mais ce n’est pas très grave. Reste l’équipe du Shérif très sympathique, dont Johnny Knoxville qui reprend encore une fois le rôle du parfait crétin de service, et une belle nénette brune (il y en a une autre, l’agent du  FBI pris en « otage », qui lui ressemble presque comme deux gouttes d’eau, c’est curieux). Notons aussi l’excellent Peter Stormare en bras droit de Cortez un peu lunatique et décalé, qui est une des bonnes surprises de ce film (qui plus est doublé par le doubleur de Bruce Willis, du coup on a l’impression que ce bon vieux Bruce est dans le film aussi, film où il aurait pu avoir toute sa place).

Notons également que le film garde aussi un peu d’humour latent tout du long (le coup du survet de l’équipe de foot des Pays-Bas est hilarant), ce qui est un bon plus et nous fait définitivement classer Le Dernier Rempart dans le rang des Séries B sans prétention autre que de divertir à coups de balles perdues et de dialogues percutants. Un Hot Fuzz en moins décalé et à ambiance « western à la frontière mexicaine », avec du bolide qui fonce à 200 mph, voilà la recette inattendue du Dernier Rempart. Et tout comme Hot Fuzz, ça ne fonctionne vraiment que quand ça dépote, dommage qu’il faille attendre en se tournant les pouces mais finalement le film remplit son contrat. Reste finalement l’attraction principale (et l’argument de vente au passage) qui n’en est pas une, à savoir ce retour de Schwarzy un peu anecdotique au final. Il faudra peut-être le revoir dans un autre registre pour savoir si l’ami Arnold a de sérieuses intentions ou cherche surtout à arrondir sa retraite, ou juste se faire plaisir… Mais quoi qu’il en soit, Le Dernier Rempart reste un film sympathique qui, à l’occasion, fait du bien par là où il passe. Et c’est déjà suffisamment efficace.

Note : 7.5/10

1 commentaire:

  1. pas encore vu mais ton résumé est conforme à l'idée de ce que je me faisais du film

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